Les CCI vont changer de têtes  

Du 25 novembre au 8 décembre, quelque 2,4 millions de dirigeants d’entreprise, cadres de direction, commerçants et prestataires de services (*) sont appelés à élire leurs représentants à la tête des Chambres de commerce et d’industrie : 148 CCI territoriales (CCIT) et 22 CCI de Région (CCIR). Ce scrutin de liste à un tour (avec possibilité de panachage) revêt une importance particulière car il intervient après l’adoption par le Parlement, le 23 juillet 2010, de la loi réformant l’organisation des CCI.



Après des mois de débats et malgré l’opposition des présidents de certaines CCI, la réforme finalement adoptée donne la prééminence aux 22 CCIR sur les 148 CCIT en termes de redistribution de la recette fiscale, de définition de la stratégie régionale et de mutualisation des moyens. (Jusqu’à présent, les CRCI étaient l’émanation des CCI locales et avaient moins de poids que les CCI des grandes métropoles).

Jean-François BernardinPour Jean-François Bernardin, président de l’ACFCI (la tête de réseau des chambres), artisan de la réforme, « l’objectif est de mettre en œuvre de vraies politiques régionales, tout en gardant des chambres proches du terrain (les CCIT) qui resteront les interlocuteurs privilégiés des entreprises de leur territoire. »
Le nombre des CCIT a vocation à se réduire, par regroupements, à une par département. Les CCIR auront aussi la possibilité de fusionner, après avis des CCIT.

Selon un communiqué de l’ACFCI, « les CCI souhaitent apparaitre comme le partenaire naturel dans le domaine économique des instances politiques régionales : de nombreuses responsabilités sont, en effet, passées de l’Etat aux collectivités territoriales et notamment aux Régions (...) Grâce à cette réforme, les CCIR sont renforcées pour représenter plus efficacement les intérêts des entreprise face à la Région et à l’Etat en région. »

Un contrepoids économique.
Des observateurs ont perçu derrière cette réforme la volonté du gouvernement de créer un « contrepoids » des entreprises face à des Conseils régionaux contrôlés, dans leur quasi totalité, par la gauche et investis de la mission de façonner l’environnement économique ...

Aussi, l’ACFCI présente-t-elle ces élections consulaires comme «  une opportunité pour les entreprises de se mettre en ordre de bataille afin de pouvoir exprimer leur avis et peser sur les décisions de politique économique pour les années à venir  ».

Jean-François Bernardin « espère que la barre des 500 000 votants sera franchie : une forte participation à ces élections permettra de renforcer encore la légitimité du réseau des CCI ». - Lors du dernier scrutin en 2004, 450 000 électeurs s’étaient exprimés (soit environ 20% du corps électoral) -
Il pronostique que 50% des présidents issus de ces élections seront renouvelés.

Pour sa part, Jean-François Bernardin passera le témoin en février 2011 à la présidence de l’ACFCI qui voit ses pouvoirs renforcés dans la mise en œuvre d’une stratégie nationale, en matière d’audit des établissements du réseau et de représentation des CCI au plan national, européen et international.

- (*) Le corps électoral est constitué des entreprises et de leurs établissements secondaires. Les électeurs votent selon la catégorie de leur entreprise (commerce, industrie, services) et aussi selon la taille de celle-ci (grande ou petite). Ainsi, à partir de 50 salariés et au-delà, chaque entreprise se voit attribuer des électeurs supplémentaires : de 1 à 12 électeurs jusqu’à la taille de 1000 salariés (plus un électeur par tranche supplémentaire de 250 salariés au-delà des 1000).
5150 représentants seront élus au sein des CCIR et des CCIT et ils éliront à leur tour les présidents des chambres. Selon la réforme, le président d’une CCIT est vice-président de la CCIR de rattachement (Une fois élu, un président de CCIR ne peut rester président de CCIT).